• 01 janvier "tierra y libertad"

     Bonne année à toutes et à tous !

    Voici donc une nouvelle année. Une année que certains qualifient déjà de "difficile" sans préciser pour qui. Nous avons bien notre petite idée au repaire. Rien de nouveau sous le soleil : à une certaine époque, un homme politique s'était écrié " il va falloir faire des sacrifices". Ce sont bien toujours les mêmes qui se serrent la ceinture. Nos pensées vont cette année vers les opposants (entre autres !) à Notre-Dame-des-Landes (NDDL) qui doivent avoir aussi leur petite idée sur ceux qui en profitent. Les opposants luttent contre l'aéroport et son monde et ne lâchent rien.

     

     

    Mais quel est donc le monde lié à la construction d'un aéroport ?  Un monde  fait de "croissance", de productivisme, de nucléaire, de TAV, de LGV, de THT, de réchauffement climatique, de misère et de solitude : une paupérisation à l'échelle d'un pays, d'un continent et maintenant d'une planète toute entière. Il faut aller creuser des mines au Niger pour faire nos déchets ici. Du sable là-bas pour du béton ici. Du métal à fondre ailleurs pour une charpente ici.

    Tierra y libertad

    C'est ici que nous vivons disent-ils et ils ne veulent pas de tout ça. Comme les paysans de jadis durant la guerre d'Espagne, les paysans de Notre-Dame-des-Landes veulent continuer de vivre et travailler sur leurs terres : "Tierra y libertad !" criaient les anarchistes espagnols contre les troupes de Franco. "Terre et liberté", "Land and freedom", "Douar ha frankiz" : le cri se décline dans toutes les langues et notamment à Notre-Dame-des-Landes.

    tierra_y_libertad

     

    La lucha continua

    La lutte continue, en Espagne aussi, en Andalousie, à Somonte où des journaliers agricoles occupent des terres pour survivre, eux et leurs familles depuis le 4 mars 2012. Les gens du coin occupent des terres parce qu'il y a 1 million de chômeurs. Depuis l'occupation, 50 hectares de blé, 2 hectares d'oignons, 4 hectares de haricots ont été plantés, outre des arbres que nous trouvons un peu partout sur le territoire. Ils commencent à revendre le fruit de leur travail. Le chômage est à 25 % (50 % chez les jeunes), l'Espagne s'enfonce dans la crise, et les plans d'austérité sans précédent ne font qu'augmenter le désastre. Les jeunes diplômés quittent le pays, la contestation s'installe, les syndicats tentent de mobiliser, mais l'horizon est sombre. Un reportage de Daniel Mermet et Antoine Chao.

     Voir le site de l'émission ici et sur le site là-bas.org

    Convergence des luttes

    La lutte des opposants à l'aéroport ressemble à celle de Somonte : la terre aux paysans ! Les occupants se réapproprient leur vie. Comme à Marinaleda (émission de Là-bas de septembre 2012). A NDDL, les terres ne sont pas confiées à des fonds de pension comme à Somonte mais à une multinationale. De l'argent public (256 millions au minimum) pour mettre du béton sur des surfaces agricoles (là-bas à NDDL 1 et 2 ).

    Premier communiqué le 4 mars 2012 des occupants de Somonte le 4 mars 2012 : cette action devrait être  le début de la révolution agraire qui en cette période de chômage, de pénurie, d'escroquerie néolibérale nous manque tant. Aujourd'hui toute alternative pour survivre avec dignité doit passer par la lutte pour la terre , l'agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire.


    En France rien ne change non plus au plus haut niveau de l'Etat. Nous avons trouvé cette petite animation saisissante de réalisme. Toute ressemblance avec l'ego d'un premier ministre existant ou ayant existé serait bien évidemment totalement fortuite.

     

    MAN from Steve Cutts on Vimeo.