• CGT : «Faire barrage à la privatisation» de l'hydroélectricité

    CGT : «Faire barrage à la privatisation» de l'hydroélectricité

     

     

     Publié le 08 novembre 2013  

    La CGT s’inquiète du processus de privatisation de l’hydroélectricité, réclame la création d’un pôle public de l’énergie et reste vigilante sur les propositions contenues dans le rapport remis sur ce sujet, tout récemment, par deux parlementaires.

    L'usine hydroélectrique de Labarre, à Foix. L'hypothèse d'une privatisation par vallée est envisagée par le gouvernement, en rapprochant les dates de fin de concession des différents ouvrages concernés, barrages et usines hydroélectriques./ Photo DDM, archives.

    L'usine hydroélectrique de Labarre, à Foix. L'hypothèse d'une privatisation par vallée est envisagée par le gouvernement, en rapprochant les dates de fin de concession des différents ouvrages concernés, barrages et usines hydroélectriques./ Photo DDM, archives.

     La centrale hydroélectrique de Soulcem, dans la Haute-Ariège, sera-elle demain exploitée par un consortium chinois, qui sous-traitera la maintenance à des ingénieurs basés en Espagne ou en Italie, revendant très cher une électricité produite à moindre coût ? Rien n’est certain, mais la CGT s’inquiète ouvertement du processus de privatisation de l’hydroélectricité enclenchée par l’ancien gouvernement Fillon, sous la pression de la communauté européenne. «Certes, le décret Borloo, qui devait mettre cette réforme en œuvre, n’est pas appliqué, admet Jean-Damien Navarro, secrétaire départemental de la CGT-hydraulique. Mais il contient des dispositions particulièrement inquiétantes. Les futurs concessionnaires seraient choisis selon trois critères : l’environnement, l’économie et la gestion de l’eau. Il n’y a pas de volet social, pas d’obligation à participer au service public de l’énergie».

     150 salariés concernés en Ariège

    La CGT s’inquiète pour les 150 salariés, ingénieurs et agents de maintenance, chargés de la surveillance et de l’entretien des ouvrages, ainsi que de la production d’électricité. Et le syndicat conteste la méthode utilisée, trop favorable aux industriels : «Ils utiliseraient des installations largement amorties pour produire une électricité bon marché, à leur propre usage. Mais rien ne les empêcherait de la vendre au prix fort dans la demande est importante». Enfin, «il n’y a rien, dans ce décret, en ce qui concerne la sécurité des installations», déplore la CGT.

    Et le syndicat de salariés n’est pas rassuré par les conclusions du rapport que viennent de rendre, sur ce sujet, deux parlementaires français, qui explorent différentes hypothèses sans en exclure aucune. «Ils ne font qu’ouvrir des portes. Il y a de bonnes choses, d’autres plus inquiétantes», reprend Christophe Couderc, secrétaire départemental de la CGT.

    Reste que le temps presse. Une loi devra être votée avant l’année prochaine. Les élus militent pour que la gestion de l’hydroélectricité revienne aux régions. La CGT, pour sa part, réclame la création d’un vaste pole public de l’énergie, et la prolongation des concessions accordées à EDF pour la gestion de ces installations, afin de prendre le temps de la réflexion. «C’est d’ailleurs la voie choisie par l’Espagne», note Jean-Damien Navarro. Pour l’Ariège, ces concessions arriveront à échéance d’ici 2020, pour la plupart.


     Repères

     Le chiffre : 17 centrales exploitées par EDF. Au total, le groupement hydroélectrique EDF, installé à Tarascon-sur-Ariège gère, sur l’Ariège et l’Aude, vingt barrages et trente centrales, capables d’alimenter en énergie une ville de 800.000 habitants.


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