• Cittaslow : éloge de la ville lente

    Cittaslow : éloge de la ville lente

    "Qu'est-ce que Cittaslow ?
    Ce mouvement fondé en Italie en octobre 1999 reprend la philosophie de l'association Slowfood que Carlo Petrini fondait en 1986 en réaction à la "mal bouffe" et au "fast food" : promouvoir une nourriture respectueuse des traditions locales et de la biodiversité avec l'ambition d'étendre cette philosophie à de multiples facettes de la vie en société. Permettre aux citoyens de profiter d'un cadre de vie agréable. Privilégier un rythme de vie  plus lent inspiré des habitudes des communautés rurales. Favoriser les contacts humains entre les habitants, avec les touristes, entre les producteurs locaux et les consommateurs. Pour une ville qui signe le protocole d'adhésion à Cittaslow, être labellisée Cittaslow implique une réflexion autour de l'aménagement du territoire, de son patrimoine architectural et culturel pour se fixer des critères d'excellence à atteindre."

    Segonzac, première ville lente de France


    Cittaslow : éloge de la ville lente    Bastamag 25 septembre 2012

    « Ralentir la ville » : les Cittàslow contre le culte de la vitesse

    Loin de la frénésie des mégapoles, se développe le réseau des « Cittàslow » : des «villes lentes où il fait bon vivre». 160 villes à travers le monde revendiquent cette appellation, créée en Italie. Transports alternatifs, économie et gastronomie locales... L’objectif est d’améliorer la qualité de vie tout en réduisant l’empreinte écologique. Réservée à quelques favorisés, la démarche peine à agir en faveur des exclus des centre-villes. Les Cittàslow, révolution conservatrice locale ou véritable laboratoire de la transition écologique et sociale ? Reportage en Italie.

    Nichée au sommet d’une colline en Ombrie (Italie), la cité médiévale d’Orvieto domine l’autoroute et la ligne à grande vitesse reliant Florence à Rome. Mais dans les étroites rues pavées, nulle trace d’automobile. Seuls quelques minibus au gaz, silencieux, frôlent les tables des cafés installées au soleil. Dans le dédale des ruelles libérées des files de stationnement, le regard s’accroche aux églises, aux arches, aux tours et aux palais. C’est dans cette ville qu’a été signée en 1999 la charte fondatrice de Cittàslow (« Ville lente »).

    A l’initiative de cette charte, Carlo Petrini, fondateur de Slow Food, un mouvement dans lequel l’art culinaire italien se nourrit de traditions locales, de biodiversité, de respect de l’environnement et de patience. Les Cittàslow sont bien davantage. En plus du volet gastronomique, le mouvement implique une réflexion sur la planification urbaine, la mobilité, la préservation du patrimoine et des savoir-faire artisanaux, et le bien-être en général. Avec cette charte, un nouveau réseau est né, celui des Città del buon vivere, autrement dit « des villes où il fait bon vivre ».

    Des « villes escargot »

    « Nous n’avons pas d’autres choix que de ralentir, analyse Pier Giorgio Oliveti, directeur du réseau international des Cittàslow, qui a son siège au Palais du goût d’Orvieto. Ce n’est pas seulement le pic de pétrole, ce sont toutes les limites des ressources naturelles – énergétiques, minérales ou agricoles – qui nous contraignent à réduire notre empreinte écologique excessive. » Pour lui, les Cittàslow sont des exemples concrets d’utopies, une mise en pratique d’un nouveau style de vie. Le logo du réseau : un escargot convoyant une ville sur sa coquille.

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    Cittaslow : éloge de la ville lente

    Le mouvement des immobiles

     Conflit mythique entre Wall Street et Main Street récemment réactivé aux Etats-Unis, « rue arabe » pour désigner les mouvements de contestation fleurissant au Proche-Orient et au Maghreb, « pouvoir de la rue » pour évoquer les nombreux cortèges de manifestants en France : la métaphore de la rue pour parler du peuple mobilisé contre la nouvelle injustice sociale trouve un écho international. De même, le collectif espagnol ¡Democracia Real Ya ! (« Pour une vraie démocratie maintenant ! ») enjoint à ceux qui se perçoivent comme victimes de la captation du pouvoir et des richesses par une oligarchie restreinte mais soudée de « prendre la rue »  Toma la calle »).

    La suite sur le site du Monde Diplo



    Cittaslow : éloge de la ville lenteEst-on entré dans l'ère du ralentissement ? Le Champ des possibles - France Culture

    Slow food, slow city, slow management mais aussi slow travel, slow parenting, slow sex ou bien encore « downshifting », c’est à dire recherche d’une vie plus simple et plus frugale, y compris en travaillant moins… Un mouvement en faveur de la « slow life » émerge en de nombreux endroits. Et contrairement à ce que la terminologie du mouvement « slow » pourrait laisser croire, il n’a pas débuté aux Etats-Unis ou en Angleterre, mais plutôt en Italie, d’où est parti à la fois le mouvement originel, celui de la slow food – en opposition à la logique du fast food - et un réseau qui nous intéresse particulièrement aujourd’hui, celui des villes lentes…

    Le ralentissement est-il une simple mode, voire une accroche marketing, ou une tendance profonde, une réaction structurée et durable à l’accélération incessante de nos modes de vie ? Ce ralentissement a partie liée avec nos manières de vivre et de consommer et il était quand même surprenant de voir l’édition 2011 de la Foire de Paris célébrer le « slow time » en faisant poser sur son affiche une jeune femme tenant en laisse quelques tortues.

    L'usage excessif de l’anglais dans le mouvement slow est une manière de vouloir contourner et éviter le terme « lent », dévalorisé socialement et associé à la fainéantise. Pourtant, alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer les excès d’un siècle d’accélération, et affirmer que nous sommes arrivés à un point où la vitesse fait plus de mal que de bien, la lenteur pourrait bien constituer une nouvelle manière d’envisager l’avenir…

     La mode du slow pourrait nous faire croire que nous sommes entrés dans l'ère du ralentissement et de la décélération. Mais s'agit-il d'îlots de décélération dans une accélération globale ? D'une amorce de résistance aux excès de la vitesse ? Ou d'un nouveau dogme, aussi compartimenté qu'absurde ?

    Véronique Marendat, maire de Segonzac,  première ville lente de France ; Rafik Smati, auteur d'Eloge de la Vitesse : la revanche de la génération texte (Ed. d'organisation, 2011) ; et Nicole Aubert, sociologue et psychologue, auteure (avec la collaboration de Christophe Roux-Dufort) du Culte de l'urgence, la société malade du temps (Flammarion, 2003, 2009).


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