• Comme un petit coquelicot

     Comme un petit coquelicot

    Au cours de l’été 1951, Raymond Asso écrit "Comme un p’tit coquelicot" que son épouse, Claude Valéry, va mettre en musique. La chanson est créée par Mouloudji en décembre de la même année aux Trois-Baudets. « Au départ, raconte Claude Valéry, nous voulions la donner à Montand. Maurice Chevalier, lorsqu’il l’entendit, en tomba amoureux. Mais, un jour que nous étions tous chez Jacques Canetti, Patachou nous dit : "C’est pour Mouloudji". Nous avons donc rencontré Moulou. Il avait 29 ans, un sourire d’enfant, et tout de suite, on a su que c’était pour lui. » Ce dernier confirmera : « On sait immédiatement quand une chanson est bonne. Celle-là était ravissante, réussie, émotionnelle, feutrée, touchante » Et il l’enregistre le 8 février 1952 accompagné par André Grassi et son orchestre. Source : Je chante magazine

    Dans Le coquelicot, troisième et dernier volet de ses Mémoires, Mouloudji rappelle quelle fut sa réaction quand Raymond Asso lui présenta Comme un p'tit coquelicot…. « Au fur et à mesure qu'il interprétait sa chanson, je sentais que le rideau rouge de la chance s'ouvrait. Idées et images s'éveillaient en moi. La tournure des mots empruntées aux chansons du folklore français rappelait "Gentil coquelicot mesdames, gentil coquelicot nouveau" que je ne connaissais pas d'ailleurs entièrement mais dont le leitmotiv papillonnait dans ma mémoire. Un son, une couleur se dégageaient de ces quelques vers, à la semblance de ceux du "Dormeur du Val", même si l'écriture d'un style populiste n'avait aucun rapport avec celle de Rimbaud. Avant qu'il l'eût achevée, j'eus la certitude que cette chanson toucherait les foules comme elle m'avait touché et que celui qui la chanterait le premier aurait bien de la chance, surtout s'il s'agissait d'un débutant. »

    Paroles :

    Le myosotis, et puis la rose,
    Ce sont des fleurs qui dis'nt quèqu' chose !
    Mais pour aimer les coqu'licots
    Et n'aimer qu'ça... faut être idiot !
    T'as p't'êtr' raison ! seul'ment voilà :
    Quand j't'aurai dit, tu comprendras !
    La premièr' fois que je l'ai vue,
    Elle dormait, à moitié nue
    Dans la lumière de l'été
    Au beau milieu d'un champ de blé.
    Et sous le corsag' blanc,
    Là où battait son coeur,
    Le soleil, gentiment,
    Faisait vivre une fleur :
    Comme un p'tit coqu'licot, mon âme !
    Comme un p'tit coqu'licot.

    C'est très curieux comm' tes yeux brillent
    En te rapp'lant la jolie fille !
    Ils brill'nt si fort qu'c'est un peu trop
    Pour expliquer... les coqu'licots !
    T'as p't'êtr' raison ! seul'ment voilà
    Quand je l'ai prise dans mes bras,
    Elle m'a donné son beau sourire,
    Et puis après, sans rien nous dire,
    Dans la lumière de l'été
    On s'est aimé ! ... on s'est aimé !
    Et j'ai tant appuyé
    Mes lèvres sur son coeur,
    Qu'à la plac' du baiser
    Y avait comm' une fleur :
    Comme un p'tit coqu'licot, mon âme !
    Comme un p'tit coqu'licot.

    Ça n'est rien d'autr' qu'un'aventure
    Ta p'tit' histoire, et je te jure
    Qu'ell' ne mérit' pas un sanglot
    Ni cett' passion... des coqu'licots !
    Attends la fin ! tu comprendras :
    Un autr' l'aimait qu'ell' n'aimait pas !
    Et le lend'main, quand j'lai revue,
    Elle dormait, à moitié nue,
    Dans la lumière de l'été
    Au beau milieu du champ de blé.
    Mais, sur le corsag' blanc,
    Juste à la plac' du coeur,
    Y avait trois goutt's de sang
    Qui faisaient comm' un' fleur :
    Comm' un p'tit coqu'licot, mon âme !
    Un tout p'tit coqu'licot.


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