• Déchets bretons. Laval râle !

     Dimanche 27 janvier 2013

    Déchets bretons. Laval râle !

     

    Le Télégramme Vendredi 28 septembre 2012 : Télécharger le pdf

    Des associations écologistes de Laval interpellent les Bretons. Motif: marre de voir arriver en Mayenne les exportations de déchets de toute la Bretagne et singulièrement du Finistère: 5.000camions par an !

    Il fallait bien que cela arrive un jour! Après avoir vu, pendant des années, des milliers de camions débarquant chez eux pour y stocker des déchets exportés par les Bretons, des associations écologistes de la Mayenne se rebiffent. Elles ont saisi les présidents des conseils généraux des cinq départements de la Bretagne historique (Loire-Atlantique comprise) pour leur signifier que cette situation ne peut plus durer.

    «Le dépotoirde l'Ouest»

    Ouvert depuis douze ans, le centre, exploité à Changé (banlieue de Laval), par la société SéchéEnvironnement, est, en effet, un vaste site d'enfouissement où la part de la Mayenne ne représente que 8% des apports. Tout le reste provient principalement des quatre départements bretons et de la Loire-Atlantique, au point que la Chambre régionale des comptes a fini, elle aussi, par s'inquiéter du transport de 300.000 tonnes annuelles de déchets ultimes bretons qui, pour être non toxiques et sans odeur, représentent des coûts astronomiques en termes de transport: près de 3MEUR pour le seul Finistère. Des dépenses auxquelles il faut ajouter des coûts écologiques moins mesurables mais tout aussi volumineux en termes d'indice carbone. Autant d'arguments avancés par les Mayennais pour signifier qu'ils ne veulent plus que leur département soit «le dépotoir de l'Ouest».

    La palme au Finistère

    Avec ses 5.000 camions par an, le Finistère détient la palme du département le plus exportateur vers Laval mais aussi vers le site de Gueltas, dans le Morbihan. Le débat est ouvert depuis plusieurs années dans le département mais l'enquête préalable pour répertorier des sites a soulevé un tel tollé que le sujet a été enveloppé d'une brume épaisse. L'élu brestois, Jean-Luc Polard, chargé par le département de ce dossier techniquement complexe et politiquement sensible, estime que les Finistériens ont fait des progrès en termes de tri et de valorisation (-10% de déchets en cinq ans) mais que le problème doit être maintenant saisi à bras-le-corps tant les contraintes économiques et environnementales deviennent lourdes. «On ne peut plus reculer, dit-il. La réglementation est de plus en plus contraignante, les taxes sur les activités polluantes aussi et en période de restrictions budgétaires et de préoccupations environnementales, voir autant de camions-bennes circuler sur les routes de Bretagne n'est plus justifiable. Nous devons encore faire des efforts de pédagogie auprès de tous les Finistériens et nous associons les chambres consulaires (chambres de commerce, de métiers et d'agriculture) à notre démarche car la plus grande partie de ces déchets ultimes est d'origine industrielle et commerciale».

    Des sites à l'étude dans la pointe bretonne

    Des solutions, au moins partielles, commencent à poindre. Dans le Sud-Finistère, le site de Tréméoc doit être agrandi et aménagé pour devenir un centre de valorisation et d'enfouissement mais à hauteur de 10.000 tonnes seulement, loin des volumes transportés. Au nord, c'est dans une carrière de Saint-Martin-des-Champs (50.000 tonnes estimées) qu'une solution pourrait venir. «Maison n'en est encore qu'à la phase de préfaisabilité avant présentation aux élus, les 11 et 15octobre», avance, prudemment, Jean-Luc Polard, en évoquant ce dossier porté par la communauté de communes de Morlaix qui exporte actuellement une grande partie de ses déchets ménagers vers le centre d'incinération de Brest. Au mieux, tout ceci prendra cinq ou six ans et ne concernera que la moitié des déchets finistériens actuellement exportés. Autant dire que les Mayennais n'ont pas fini de râler!

    • René Perez

     

     


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