• Des armes à uranium appauvri utilisées dans la guerre au Mali ?

     Des armes à uranium appauvri utilisées dans la guerre au Mali ?

    Le 1er mars 2013

    Des armes à uranium appauvri ont-elles utilisées dans la guerre au Mali ? C’est la question qu’a posée Thierry Lamireau, auteur du film "Uranium en Limousin" dans la lettre ouverte adressée au président de la république, François Hollande le 24 janvier 2013.

     Des armes à uranium appauvri utilisées dans la guerre au Mali ?

    Word - 41 ko

    Il souligne les pollutions irrémédiables de l’eau et l’air entraînées suite à l’explosion de telles armes ainsi que "des problèmes importants de morbidité (nombreuses maladies induites), de mortalité et d’apparition de malformations congénitales monstrueuses puisque l’ADN est touché…il y a, de ce fait, une transmission aux générations suivantes" Il demande l’interdiction de telles armes.

    Dans cette vidéo de mai 2012 extraite de Pièces à conviction, Bruno Chareyron, responsable du laboratoire de la CRIIRAD, mesure la radioactivité des armes à uranium appauvri et explique les conséquences sanitaires

    Thierry Lamireau en évoquait l’utilisation dans cet article consultable à ce lien

    http://french.irib.ir/info/afrique2/item/237117-bombardements-fran%C3%A7ais-de-l-uranium-appauvri-au-nord-mali-,-par-thierry-lamireau

    Sa lettre a sans doute suscité les questions par un Député et une Sénatrice au Ministre de la Défense, rappelant que .

    La résolution du 22 mai 2008 votée par le Parlement européen affirme que « l’emploi d’uranium appauvri dans les conflits viole les règles et principes fondamentaux consacrés par le droit international humanitaire et environnemental, écrit et coutumier ».

    Question du député André CHASSAIGNE 5ème circonscription du PUY-DE-DÔME

    27 février 2013

    Monsieur André Chassaigne attire l’attention de Monsieur Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense, sur l’utilisation d’armes à l’uranium appauvri au Mali.

    Selon des informations concordantes, l’armée française utiliserait au Mali des armes à uranium appauvri, définies comme étant des « munitions fléchées à l’uranium appauvri ». Cet usage militaire par aéronefs et certains blindés n’a pas été démenti par l’armée française. De telles armes sont utilisées au nom de « l’efficacité » pour pénétrer dans les blindages ou béton. Mais elles ont des effets néfastes et de très longue durée, connus depuis longtemps, par la contamination des zones impactées. Elles ont notamment un effet toxique sur les plantes et sur le bétail, intégrant ainsi la chaîne alimentaire.

    De plus, l’utilisation de ces armes est illicite, car en violation des règles internationales de radioprotection. Elles ont été à maintes reprises déclarées illégales par le Droit international sur le contrôle des armements. De fait, elles constituent un crime contre l’humanité dans la mesure où elles entraînent pour plusieurs milliards d’années la pollution des sols, des eaux et de l’air, contaminant la flore, la faune et les populations, engendrant des malformations congénitales avec transmission aux générations futures.

    André Chassaigne demande à Monsieur le Ministre de lui préciser si cette information est vérifiée. Si elle s’avérait juste, il souhaite connaître son engagement à faire procéder à l’arrêt immédiat de leur utilisation et prendre en charge les coûts de décontamination. Il lui demande si la France est prête à œuvrer auprès des instances internationales pour que ces munitions soient effectivement interdites dans tous les conflits sur la planète.

    Question écrite n° 04198 de Mme Joëlle Garriaud-Maylam (Français établis hors de France – UMP) publiée dans le JO Sénat du 24/01/2013 - page 243

    Mme Joëlle Garriaud-Maylam interroge M. le ministre de la défense quant aux mesures prises par la France suite à la Résolution du Parlement européen du 22 mai 2008 (2009/C 279 E/18) sur les armes contenant de l’uranium (appauvri) et leurs effets sur la santé humaine et l’environnement. Elle rappelle que les armes à l’uranium appauvri ont été largement utilisées dans de multiples conflits depuis la guerre d’Irak de 1991, tant sous la forme de munitions que sous celle de blindages renforcés contre les missiles et les tirs d’artillerie. Classées « conventionnelles », elles sont fabriquées par un nombre croissant de pays dont la France qui est le seul pays européen dans cette situation. Malgré l’absence de preuves scientifiques irréfutables, ces armes sont fortement soupçonnées de provoquer des malformations congénitales, ainsi que d’accroître les cancers et leucémies, tant parmi les militaires que les populations civiles, dans les pays où ces armes sont utilisées mais peut-être aussi dans les zones où elles sont fabriquées et testées. Il semble également que les projectiles manquant leur cible puissent provoquer une contamination des sols et des nappes phréatiques aux conséquences graves et durables pour les populations civiles comme pour l’environnement.

    La résolution du 22 mai 2008 votée par le Parlement européen affirme que « l’emploi d’uranium appauvri dans les conflits viole les règles et principes fondamentaux consacrés par le droit international humanitaire et environnemental, écrit et coutumier ». Cette résolution formule plusieurs exigences vis-à-vis des États membres, dont la présentation d’un rapport exposant leurs vues sur les effets de l’emploi d’armes et de munitions contenant de l’uranium appauvri ; la réalisation d’études scientifiques sur l’emploi d’uranium appauvri dans toutes les zones où des personnels militaires et civils, européens et internationaux, ont été déployés ; un moratoire sur l’utilisation de ces armes et munitions ; l’arrêt de leur fabrication et de leur achat et le déploiement d’efforts en vue de l’interdiction mondiale de ces armes, notamment via l’élaboration d’un traité international sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage, de la diffusion, des essais et de l’emploi d’armes contenant de l’uranium, ainsi que sur la destruction ou le recyclage des stocks existants.

    La France s’était opposée à la résolution du 22 mai 2008, niant les risques sanitaires et environnementaux de l’uranium appauvri. Toutefois, au vu de la gravité des dangers suspectés de l’uranium appauvri, l’application du principe de précaution devrait légitimer, au minimum, une suspension de l’utilisation, de la fabrication et du commerce de ces armes, le temps que des études scientifiques approfondies aboutissent. Elle souhaiterait savoir si des mesure ont été prises par la France suite à cette résolution, tant au plan unilatéral que dans le cadre de sa participation aux diverses instances multilatérales (Union européenne, Nations Unies, OTAN,…). Elle l’appelle aussi à s’engager à ne pas recourir à ce type d’armement dans le cadre de l’intervention militaire française au Mali et à s’impliquer pour les partenaires de la France dans le conflit ne les utilisent pas non plus. Il importe en effet que notre politique de défense s’inscrive dans le respect du principe de précaution et du droit international humanitaire.


    Tags Tags : , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter