• L'ESTACA

    L'Estaca (c'est-à-dire « le pieu » en catalan) est une chanson composée par le chanteur Lluís Llach en 1968.
    Composée durant la dictature du général Franco en Espagne, c'est un cri à l'unité d'action pour se libérer de l'oppression, pour atteindre la liberté. D'abord symbole de la lutte contre l'oppression franquiste en Catalogne, elle est devenue un symbole de la lutte pour la liberté. Extrêmement populaire en Catalogne aujourd'hui, au point d'être considérée comme partie du folklore populaire, elle a aussi connu un destin international. Elle a eu plusieurs interprétations différentes et a été traduite en plus de cinquante langues - français, occitan, basque, corse, allemand, polonais, espéranto...

     



     

    L'ESTACA


    L'avi Siset em parlava
    de bon matí al portal
    mentre el sol esperàvem
    i els carros vèiem passar.

    Siset, que no veus l'estaca
    on estem tots lligats?
    Si no podem desfer-nos-en
    mai no podrem caminar!

    Si estirem tots, ella caurà
    i molt de temps no pot durar,
    segur que tomba, tomba, tomba
    ben corcada deu ser ja.

    Si jo l'estiro fort per aquí
    i tu l'estires fort per allà,
    segur que tomba, tomba, tomba,
    i ens podrem alliberar.

    Però, Siset, fa molt temps ja,
    les mans se'm van escorxant,
    i quan la força se me'n va
    ella és més ampla i més gran.

    Ben cert sé que està podrida
    però és que, Siset, pesa tant,
    que a cops la força m'oblida.
    Torna'm a dir el teu cant:

    Si estirem tots, ella caurà...

    Si jo l'estiro fort per aquí...

    L'avi Siset ja no diu res,
    mal vent que se l'emportà,
    ell qui sap cap a quin indret
    i jo a sota el portal.

    I mentre passen els nous vailets
    estiro el coll per cantar
    el darrer cant d'en Siset,
    el darrer que em va ensenyar.

    Si estirem tots, ella caurà...

    Si jo l'estiro fort per aquí...


    A Quico Sabaté guérillero antifranquiste assassiné le 5 janvier 1960

    Le Pieu (version française)

    Du temps où je n'étais qu'un gosse
    Mon grand-père me disait souvent
    Assis à l'ombre de son porche
    En regardant passer le vent
    Petit vois-tu ce pieu de bois
    Auquel nous sommes tous enchaînés
    Tant qu'il sera planté comme ça
    Nous n'aurons pas la liberté

    (refrain)
    Mais si nous tirons tous, il tombera
    Ca ne peut pas durer comme ça
    Il faut qu'il tombe, tombe, tombe
    Vois-tu comme il penche déjà
    Si je tire fort il doit bouger
    Et si tu tires à mes côtés
    C'est sûr qu'il tombe, tombe, tombe
    Et nous aurons la liberté

    Petit ça fait déjà longtemps
    Que je m'y écorche les mains
    et je me dis de temps en temps
    Que je me suis battu pour rien
    Il est toujours si grand si lourd
    La force vient à me manquer
    Je me demande si un jour
    Nous aurons bien la liberté

    (refrain)
    Mais si nous...

    Puis mon grand-père s'en est allé
    Un vent mauvais l'a emporté
    Et je reste seul sous le porche
    En regardant jouer d'autres gosses
    Dansant autour du vieux pieu noir
    Où tant de mains se sont usées
    Je chante des chansons d'espoir
    Qui parlent de la liberté

    (refrain)
    Et si...


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