• L'industrie pharmaceutique à l'assaut des partenariats public - privé

    Industrie pharmaceutique à l'assaut des partenariats public - privé

     

    L’industrie pharmaceutique mondiale fait son marché en France

    Par Catherine Ducruet  24 octobre 2013

    Les grands laboratoires étrangers s’appuient de plus en plus sur la recherche publique française. Les Rencontres internationales de recherche réunissent aujourd’hui les deux partenaires.

    L’industrie pharmaceutique mondiale fait son marché en France

    A l’heure où les groupes pharmaceutiques peinent à alimenter leurs pipelines en nouvelles molécules et alors qu’eux-mêmes font de moins en moins de recherche fondamentale, les Rencontres internationales de recherche (RIR), organisées chaque année en France pour mettre en valeur le potentiel de la recherche académique française dans les sciences de la vie, sont unanimement saluées par l’industrie pharmaceutique mondiale comme une excellente initiative. « Il y a chez nos responsables une vraie appétence à participer à ces journées », témoigne Soizick Courcier, directeur médical de GSK en France.

    Aujourd’hui, pour sa cinquième édition, ce sont ainsi 27 laboratoires pharmaceutiques, diagnostiques et vétérinaires qui sont venus des deux côtés de l’Atlantique pour rencontrer une soixantaine d’équipes académiques françaises spécialisées dans les mécanismes et maladies inflammatoires, thème de cette année. L’objectif : favoriser le démarrage de partenariats public-privé.

    Au fil des ans, ces deux populations de cultures différentes ont appris à travailler ensemble. Paul-Peter Tak, responsable du domaine immuno-inflammation chez GSK, qui a quitté la recherche publique il y a deux ans pour rejoindre le groupe britannique, en témoigne : « Je sais ce que nous recherchons en tant qu’industriel, mais je connais aussi très bien les attentes des groupes académiques car j’en viens. Et cela facilite l’établissement des collaborations. » Le nombre d’accords passés est d’ailleurs en croissance : 195 en 2010 sur le thème des maladies cardio-vasculaires, 227 en 2011 sur les maladies infectieuses, 247 en 2012 sur le cancer. Des acteurs comme Pierre Fabre, Pfizer, Eli Lilly, Sanofi ou GSK ont passé ce type de partenariats.

    Que viennent donc chercher les industriels ? « Nous venons nous mettre au courant des avancées réalisées par les équipes publiques fran çaises, qui produisent une science de niveau international », explique-t-on chez l’américain Merck. Mais c’est aussi « l’accès à des données des patients », comme l’explique Andrew Chan, directeur de la recherche en biologie chez Genentech. José Carlos Gutiérrez-Ramos, directeur de la R&D biotherapeutique chez Pfizer, résume pour sa part la chose en deux mots : « Nous venons chercher des idées et des talents. »

    Qualité des publications

    Les industriels arrivent avec une idée assez précise des équipes académiques qu’ils veulent rencontrer. En effet, c’est un comité de pilotage commun entre les industriels et la recherche publique française, et Inserm Transfert (la filiale de transfert de technologie de l’Inserm), qui a établi la liste des 59  équipes, transmise ensuite aux responsables mondiaux de la recherche en inflammation de chacun des groupes pharmaceutiques. « J’ai fait mon choix de rendez-vous à partir de cette liste, explique Paul-Peter Tak , et j’y ai ajouté quelques chercheurs qui de leur côté m’ont contacté. » Pour choisir, « nous considérons l’originalité de leurs travaux et la qualité des publications scientifiques, mais aussi les éventuelles collaborations avec des industriels», complète José Carlos Gutiérrez-Ramos.

    La recherche publique, quant à elle, vient chercher des moyens financiers pour mener des projets d’envergure, mais aussi des idées et des pistes pour transformer certains résultats en produits. Cela peut aller de la sous-traitance par l’industriel d’une question précise à de vrais partenariats dans le temps autour d’un projet commun. « Il y a un vrai changement culturel, se félicite Paul-Peter Tak, la recherche française est beaucoup plus ouverte. » Les groupes pharmaceutiques apprécient aussi le mécanisme du crédit impôt recherche. Parmi les points perfectibles, figurent, en revanche, les lenteurs administratives et une gestion compliquée de la propriété industrielle.

    Catherine Ducruet

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