• L'internationale (Kan etrebroadel al labourien)

    Wikipedia :

    L'Internationale est un chant révolutionnaire dont les paroles furent écrites en 1871 par Eugène Pottier et la musique composée par Pierre Degeyter en 1888.

    Traduite dans de très nombreuses langues, L'Internationale est le chant symbole des luttes sociales à travers le monde (nous vous proposons ici la version bretonne chantée par Marthe Vassalo).

     

    L'Internationale en breton

    Le poème

    À l'origine, il s'agit d'un poème à la gloire de l'Internationale ouvrière, écrit par le chansonnier, poète et goguettier Eugène Pottier en juin 1871, en pleine répression de la Commune de Paris.

    Suivant la tradition goguettière, L'Internationale de Pottier est à l'origine une chanson nouvelle à chanter sur un air connu, ici celui de La Marseillaise, utilisé pour quantité de chants revendicatifs et révolutionnaires. L'Internationale est dédiée à l'instituteur anarchiste Gustave Lefrançais.

    L'histoire de ce poème et de son auteur est liée à celle des goguettes. En 1883, Eugène Pottier présente une chanson au concours de la goguette de la Lice chansonnière et remporte la médaille d'argent. Il retrouve à cette occasion le chansonnier Gustave Nadaud qu'il a croisé en 1848 et à qui il avait alors fait une forte impression. Grâce à ces retrouvailles, une cinquantaine de chansons de Pottier sont publiées pour la première fois en 1884 et sauvées de l'oubli par Nadaud qui admire beaucoup son talent poétique tout en étant très loin de partager ses opinions politiques.

    L'initiative de Nadaud incite les amis politiques de Pottier à publier en 1887 ses Chants révolutionnaires avec une préface de Henri Rochefort. Au nombre de ceux-ci figure L'Internationale. Sans la Lice chansonnière et Nadaud, ce chant révolutionnaire célèbre et les autres œuvres de Pottier seraient aujourd'hui oubliées.

     L'hermine rouge

    Deux versions de l'Internationale en breton sont proposées.

    Elles sont l'oeuvre de deux bretons qui ont en commun une origine modeste, une volonté farouche de s'instruire, associée un engagement politique progressiste. Les deux courtes biographies qui suivent sont assez parlantes à ce sujet. L'un des deux deviendra un dirigeant important du Parti Communiste en Bretagne.

    Charles Rolland, né à Lannéannou en 1862 et mort en 1940 à Guerlesquin, fut un compositeur très productif de chansons en breton dont une grande partie sur feuilles volantes. Il exerca de nombreux métiers comme horloger, facteur et chapelier. Très engagé politiquement à gauche et d'un anticléricalisme virulent, il utilisa son talent de compositeur et de polémiste pour propager ses idées en breton et en français. Dans le contexte de l'époque, écrire et diffuser une version bretonne de la Marseillaise et de l'Internationale est une profession de foi publique qui ne risque pas de faire peur à Charles Rolland, tant sont connues ses opinions. Durant la première guerre, il ne fut pas mobilisé en raison de ses nombreux enfants mais il composa des chansons patriotiques en breton de la même veine que celles de Théodore Botrel.

    D'origine modeste, Marcel Hamon ( 1908-1994) était originaire de Plufur. Il devint professeur de philosophie à 23 ans. Syndicaliste dans les années 1920 puis militant du PCF, il fut candidat communiste aux élections législatives dès 1934. Durant la Seconde guerre mondiale, Marcel Hamon fut responsable de « l'Organisation spéciale » dans le Maine-et-Loire (1941-1942). Il devint responsable national du Service B, service de renseignements des francs-tireurs et partisans français (1943-1944), puis responsable FTPF pour l'Ouest en juin 1944. Secrétaire de Maurice Thorez, il fut député des Côtes-du-Nord (1945-1951), maire de Plestin-les-Grèves de 1971 à 1977 et conseiller général du canton de 1973 à 1979. Sa vie et sa carrière ont été l'objet d'un travail universitaire (cf. CROC Maud, Marcel Hamon (1908-1994). Une grande figure communiste.

    Kan Etrebroadel al Labourerien

     

    War sav! tud daonet deus an douar !

    kent mervel gant an naon, war sav

    Ar skiant a gomz hag a lavar

    Reiñ an diwezhañ taol-chav !

    Ret eo teuler ae bed-kozh d'an traoñ

    Mevelien paour war-sav, atav !

    Greomp evit mad dezhi he c'haoñ

    Bezomp mestr lec'h bezaň esklav !

     

    An emgann diwerzhañ zo

    Holl war sav hag arc'hoazh

    Na vo er bed met ur vro

    Da vihan ha da vraz

     

    Etrezomp na n'eus salver ebet,

    Na pab, na doue, na den all !

    Ha deomp hon unan a vo ret

    Ober amañ ar gwir ingal

    A-benn harzh laeron bras da noazout

    Derc'hel ar spered en e blom

    C'hwezomp hon c'hovel pe 'vefomp boud

    Ha dav d'an houarn keit m'eo tomm !

     

    Ar stad a zo fall, pep lezenn kamm

    An deog a wad ar paour-kaez den

    Deverioù d'ar re vras n'eus foeltr tamm

    Gwirioù ar paour-kaez zo ven

    Awalc'h eo dindan vestr kastiañ

    Al lealded c'houlenn traoù all

    Dindani vefomp holl memes tra

    Gant deverioù droejoù ingal.

     

    Ken hudur en kreiz o brazoni

    Hon mistri

    war an holl labour

    Deus graet biskoazh nemet ransoniñ

    Laerezh poan ar micherour

    Rag en prez kloz an dud didalvez

    Kement vez krouet vez teuzet

    Goulennomp vo rentet hep dale

    D'ar bobl kaez ar pezh zo dleet !

     

    Holl micherourien ha kouerijen

    Memproù a labour er bed-mañ

    Ar bed-mañ zo d'al labourerien

    An dud didalvez diwarnañ

    Deus hon c'hwezenn gwelit int lard mat

    Na pa deufe ur seurt brini

    Un deiz ar bed paour-mañ da guitaat

    An heol zalc'ho da lugerniñ.

     

    Garzh ebet ken kreiz-entre pep bro

    An holl dud breudeur war ar bed

    Ar brezeloù diot er blotoù

    Dav d'ar re vraz c'hoazh mar bez ret

    Evite na n'afomp biken ken

    A-vilieroù d'en em drailhañ

    War sav pa 'mañ ar skiant o ren

    Deomp vo ret terriñ pe blegañ.


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