• L'Italie et la Grèce, foyers d'inquiétudes en Europe

     L'Italie et la Grèce, foyers d'inquiétudes en Europe

     

    Par Sharon Wajsbrot | 13/03 | 06:00

    Les banques italiennes nourrissent des inquiétudes sur leur solidité, tandis que leurs homologues grecques prolongent leur convalescence.

    « Le vrai problème en Italie reste la qualité du crédit », a reconnu le numéro un d' UniCredit, Federico Ghizzoni, à l'occasion de l'annonce de la perte nette de 14 milliards d'euros par le groupe pour 2013. De fait, l'ensemble du secteur italien doit encore faire face à un niveau record de crédits à risque, dont le montant atteint 160,4 milliards d'euros en janvier, en hausse de 24,5 % sur un an.

    Et, malgré le modeste début de reprise italienne, après 9 trimestres de récession, ce montant devrait grimper pour dépasser 190 milliards d'euros en 2015, selon les prévisions de l'Association des banques italiennes (ABI). Dans ce contexte, même si les opérateurs préfèrent opter pour des structures de défaisance internes, il n'est pas dit que le secteur bancaire italien échappe à une « bad bank » systémique.

    Dans une situation bien plus critique, les banques grecques sont encore loin d'avoir tourné la page de la crise de la dette souveraine. Pour se maintenir à flot, elles affichent toujours des besoins en capitaux propres conséquents. La semaine dernière, le régulateur hellénique estimait qu'à l'issue des « stress tests » réalisés, elles avaient encore besoin de 6,4 milliards d'euros. Principales concernées : les quatre plus gros établissements du pays, Alpha Bank, la Banque du Pirée, la Banque Nationale de Grèce, Eurobank. Et le diagnostic de la Banque centrale européenne, attendu en novembre 2014, pourrait être encore un peu plus sévère.

    Pourtant, le travail de normalisation des régulateurs et des Etats semble peu à peu porter ses fruits. En 2014, à en croire les estimations de la Commission européenne, la Grèce devrait renouer avec la croissance après six années de récession. 0,6 % de croissance est en effet attendu pour l'année en cours, contre un recul de 3,9 % du PIB enregistré en 2013.

    Retour sur les marchés

    Autre signe qui ne trompe pas : la semaine dernière, la Banque du Pirée, deuxième acteur du pays, faisait un retour remarqué sur le marché obligataire. Après cinq ans d'absence, elle a annoncé une émission de 500 millions d'euros de dette senior et une augmentation de capital de plus près de 1,75 milliard d'euros. « C'est un signe qui témoigne du fait que dans l'esprit du marché la crise est bel est bien finie », estime Sam Theodore, directeur de Scope Ratings. Reste à boucler le nouveau volet de financement du pays qui devrait lui redonner de l'air après le mois de mai. Toujours en cours, les négociations avec la troïka pourraient enfin se débloquer à la fin de la semaine.

    S. W. et P. de G. (à Rome), Les Echos

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