• La chanson de Margaret

    Les paroles de la chanson ont été écrites par l’écrivain Pierre Mac Orlan et comme beaucoup des textes de chansons de Mac Orlan, ces paroles ont été mises en musique par l’accordéoniste V. Marceau.  Mac Orlan a, toute sa vie durant, été un passionné de chansons: déjà en 1899, il envoyait à Aristide Bruant ses premiers poèmes écrits en cachette. Lui-même, accordéoniste amateur, Mac Orlan tenait cependant à faire, « [non] pas des poèmes mis en musique, mais des chansons écrites, autant que possible, en respectant les règles du jeu. ».  En 1951, il rencontre Germaine Montero qui créera la plupart des chansons de cette première période et qui demeure son interprète de prédilection.

    « Elle fut la première à donner sa confiance aux paroles de mes chansons. Ce n’était pas une confiance de tout repos. Mais l’art de la grande comédienne, réuni à une parfaite compréhension de la poésie populaire, presque toujours secrète, lui permit de gagner le jeu souvent difficile des mots. »

    La chanson de Margaret nous plonge dans une atmosphère de cabaret louche, de quartier sordide, de port où rodent des aventuriers et des filles. Mais "La chanson de Margaret" est aussi une chanson nostalgique où les parfums de l’enfance et le souvenir d’un "premier baiser sur les chevaux de bois" permettent à Margaret, cette fille perdue sous le ciel pesant de Tampico, de quitter le Mexique pour retrouver en pensée, l’odeur des quais et du quartier Saint-François au Havre où elle est née. Source : mémoire chantée.

     

     C´est rue de la Crique que j´ai fait mes classes
    Au Havre dans un bar tenu par Chloé
    C´est à Tampico qu´au fond d´une impasse
    J´ai trouvé un sens à ma destinée
    On dit que l´argent c´est bien inodore
    Le Pétrole est là pour vous démentir
    Car à Tampico quand ça s´évapore
    Le passé revient qui vous fait vomir
    Oui j´ai laissé là mes joues innocentes
    Oui à Tampico je me suis défleurie
    Je n´étais alors qu´une adolescente
    Beaucoup trop sensible à des tas d´profits
    Les combinaisons ne sont pas toujours bonnes
    Comme une vraie souris j´ai fait des dollars
    Dans ce sale pays où l´air empoisonne
    La marijuana vous fout le cafard.


    On m´encourageait j´en voyais de drôles
    Je vidais mon verre en fermant les yeux
    Quand j´avais fait le plein j´voyais le pactole
    Et les connaisseurs trouvaient ça curieux
    Une fille de vingt ans, c´est pour la romance
    Et mes agréments semblaient éternels
    Mais par-ci par-là quelques dissonances
    M´en ont mis un coup dans mon arc-en-ciel
    C´est là que j´ai laissé derrière les bouteilles
    Le très petit lot de mes petites vertus
    Un damné matelot qui n´aimait que l´oseille
    M´en a tant fait voir que je me reconnais plus
    Oui, il m´a fait voir le ciel du Mexique
    Et m´a balancée par un beau printemps
    Parmi les cactus, dans le décor classique
    Où le soleil vous tue comme à bout portant.

    Un cock shangaïé, un soir de folie
    A pris mon avenir comme un beau cadeau
    Il m´a dit "petite, il faut qu´on se marie
    Tu seras la fleur d´un joli bistrot
    De tels boniments démolissent une femme
    Je vivais déjà derrière mon comptoir
    Les flics de couleur me disaient "Madame"
    Bref, je gambergeais du matin au soir
    Mon Dieu ramenez moi dans ma belle enfance
    Quartier Saint François, au bassin du roi.
    Mon Dieu rendez-moi un peu d´innocence
    Et l´odeur des quais quand il faisait froid
    Faites moi revoir les neiges exquises
    La pluie sur Sanvic qui luit sur les toits
    La ronde des gosses autour de l´église
    Mon premier baiser sur les chevaux de bois.


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