• "La fin du poisson à foison": Adieu thon, bar,saumon...

    Publié le 07 janvier 2014

    Adieu thon, bar, saumon Sipa Adieu thon, bar, saumon Sipa
     
    Nos océans se vident-ils de leurs poissons ? Oui, selon les écologistes. non, d'après les industriels de la pêche. Pourtant, la consommation de fruits de la mer a presque doublé depuis les années 1960. Chaque Français en mange 40 kilos par an, contre 15 pour les Allemands. Au total, ce sont 80 millions de tonnes de poissons qui sont prélevées par an. Les chalutiers se sont transformés en véritables usines équipées de sonars et de GPS pour repérer les bancs jusqu'à 1 500 mètres de profondeur, ravinant les fonds, pillant la faune et détruisant la fore où se développe le plancton. En Méditerranée, les limites de la surpêche ont déjà été franchies. Toute une partie de l'écosystème planétaire serait en danger.
     

    L'Union européenne a bien fixé des quotas dans les années 1980. Mais beaucoup d'Etats-membres passent outre. Dans les autres pays hors UE, les navires industriels se servent, sans contrôles, autant qu'ils le peuvent. De leur côté, les petits pêcheurs, dont beaucoup sont en difficulté en France, ont compris que trop tirer sur les ressources, c'est signer son propre arrêt de mort. Dans le sud de la France, 90 % des ressources marines sont surexploitées. "La Méditerranée est presque une mer sans poissons", indique l'océanographe Philippe Cury. Faute d'accords avec les autres pays riverains, les dispositions de l'UE restent sans effets. "Le problème majeur est qu'on ne voit pas les chaluts qui labourent les fonds marins et engendrent des taux très élevés de prises accessoires", explique Iris Menn, de Greenpeace. D'après les experts, la destruction des fonds marins est actuellement 150 fois plus rapide que celle des forêts.

    Il existe, dans le monde, 30 000 espèces de poissons et de fruits de mer. Seules 700 atterrissent dans nos assiettes. Les prises accessoires représentent 30,5 millions de tonnes par an, soit environ 40 % de la pêche. Dans certains secteurs d'activité, telle la crevette, les filets rapportent près de 90 % de pêche accidentelle. Un massacre absurde. néanmoins, les ravages causés par la pêche industrielle ne semblent pas concerner les premiers intéressés. A la Seafood Exposition de Bruxelles, le plus grand salon annuel des produits de la mer, un porte-parole de la Fédération des industries de pêche affirme que les navires-usines n'abîment pas les fonds : "Si les chaluts sont employés sur un banc de sable, celui-ci va être retourné. Mais est-ce si grave ? Les agriculteurs labourent leurs champs. Cela n'a rien de destructeur."

     Concernant la surpêche, le représentant d'une grande entreprise ose lancer : "Nous n'avons pas de soucis à nous faire. La planète est stable " ! Pas un mot sur le thon jaune, la dorade ou le cabillaud, des espèces en voie de disparition. De haute lutte, le Parlement européen s'est accordé, en mai 2013, sur une réforme de la politique commune de la pêche. Il s'agit de mettre fin à la surpêche "là où c'est possible", et de réduire les prises accessoires à 9 %, quitte à les utiliser en partie pour l'alimentation animale. Mais il faudra attendre... 2015 pour que cette réforme entre en vigueur.

    Sylvie Véran

     

     

    Depuis des dizaines d'années, une armada de bateaux sillonne sans interruption les mers du globe. La pêche toujours plus intensive des poissons nuit à la biodiversité. Selon les spécialistes, cette surpêche se pratique sur 90 % de la Méditerranée, tandis que 40 % des espèces de poissons du nord-est de l'Atlantique sont menacées. Les systèmes de quotas ou les subventions accordées par l'Union européenne (UE) contribuent à cette situation, comme le concède Maria Damanaki. Cette commissaire aux Affaires maritimes et à la Pêche a récemment mis sur pied une réforme contre cette surexploitation des ressources. Mais les mesures de l'UE suffiront-elles, quand une grande partie du poisson consommé en Europe vient d'Asie ou d'Afrique ? Les ONG dénoncent les conditions déplorables qui règnent dans l'aquaculture des pays en voie de développement. Sur la côte ouest de l'Afrique, la pêche illégale fait rage, privant les petits exploitants de leurs moyens de subsistance, tandis que de nombreuses entreprises imposent à leurs employés des conditions de quasi-esclavage. De la mer à l'assiette, cette enquête dévoile la face sombre de cette industrie et met en évidence la chaîne de responsabilités économiques et politiques à l'origine de ce désastre.
    Documentaire Arte 2014 01 07

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