• La pilule est amère, Marion Larat.

     

     

     

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    13/01/2014 |

    Marion Larat parle au nom de toutes celles qui ont subi dans leur chair une atteinte grave due à la prise d'un contraceptif hormonal.

    Marion Larat était ce mercredi chez Mollat à Bordeaux, autant dire chez elle, puisque cette jeune femme qui signe aujourd’hui chez Stock « La pilule est amère » est bordelaise. Elle revient sur son expérience douloureuse : en 2006, alors qu’elle a 18 ans et que depuis trois mois elle prend la pilule, alors qu’elle se prépare dans la salle de bain pour un rendez-vous avec son amoureux, dans cette même salle de bain elle s’effondre.

    Son père la découvre presque sans vie. Elle est transportée d’urgence au CHU de Bordeaux, dans cet état de flottement entre la vie et la mort. Marion avait alors l’âge de s’engager dans une voie qu’ouvrait un avenir prometteur (bonne élève, première de sa classe prépa, en attente des résultats de concours des écoles de commerce), belle jeune femme amoureuse, belle jeune femme bien dans sa vie et dans ses baskets. Marion s’écroule, sa famille avec, tous glissent vers un abîme qui frise dangereusement avec l’irrémédiable. Tout cela à cause d’une pilule, une micro pilule, un concentré d’indépendance et de liberté, hélas mâtiné de danger et de mort. Ce que Marion ne savait pas, de nombreuses femmes commencent tout juste à l’apprendre, il serait temps.

    Il serait temps en effet de remettre les choses à leur juste place. La liberté des femmes d’accéder à la contraception en phase avec une réelle liberté de choix ; cette liberté là aux seules mains des femmes et non dans l’escarcelle toute puissante de ceux qui  y ont vu un objet de bénéfices. Quand Marion Larat va voir sa gynécologue pour obtenir un moyen de contraception, celle-ci lui prescrit d’emblée la pilule, sans proposer d’autres solutions. Pire, celle-ci lui prescrit, en première intention, une pilule de troisième génération. Sans examen préalable, alors qu’une prise de sang aurait décelé un facteur essentiel : le facteur II de Leiden, anomalie de la coagulation du sang, anomalie qui n’est pas si rare mais dont beaucoup de gynécologues négligent le dépistage, qui pourtant sauverait des vies, éviterait bien des morts. Marion, comme tout un chacun qui remet un moment de sa vie au bon jugement d’un médecin, avait confiance. Une part de sa douleur est aussi contenue dans cet abus de confiance là. Un délit de mépris.

    Car la colère nait bien souvent de l’indifférence de l’autre : le déni des accents gravissimes du mal encouru, la non reconnaissance de la responsabilité d’un praticien inconscient. Le drame de Marion, et de toutes celles tombées comme elle, est résumé par deux mots assassins car honteusement réducteurs : « aléa thérapeutique ». Marion qui a failli perdre sa voix, aphasique après son AVC, la porte aujourd’hui bien haut. Première à porter plainte, elle déclare vouloir agir pour éviter la souffrance ou la mort pour d’autres femmes, pour porter assistance aux personnes en danger. Et grâce à elle, grâce à ses proches qui ont tissé autour d’elle une toile d’amour et de force, les choses commencent à bouger, mais le chemin est long. Ce n’est qu’un début, Marion continue le combat ! She's still standing !

    « La pilule est amère » paru chez Stock, est un livre à lire, car loin d’un appel à la larme à l’œil, il est un appel à la vigilance et à la dignité. Dignité de ces femmes qui longtemps ce sont battues pour leurs droits, et qui doivent plus que jamais élever la voix pour choisir leur juste voie. Un témoignage courageux et un message à diffuser, haut et fort, partout où sera piétiné ce droit essentiel de chacun, de chacune, à rester maître de son destin. Ça va faire parler ? Tant mieux !

    Pour information consulter www.avep-asso.org


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