• La semaine sanglante

    La commune de Paris (du 18 mars au 27 mai 1871) est encore très présente dans la mémoire collective. Et il n'est pas rare d'entendre un jeune militant fredonner "la semaine sanglante" en hommage aux communards.

    Cette chanson a été écrite en juin 1871 en pleine période de répression.
    Les Communards tenaient la capitale depuis deux mois mais les cent mille hommes de Thiers (mieux armés et plus nombreux) reprirent Paris rue par rue, maison par maison, du 20 au 27 mai, au cours de la Semaine sanglante. La répression fut impitoyable. Elle fit au moins vingt mille morts.

    La chanson est ici interprétée par l'incontournable Marc Ogeret.
     

    Paroles de Jean-Baptiste Clément  :


    Sauf des mouchards et des gendarmes
    On ne voit plus par les chemins
    Que des vieillards tristes en larmes
    Des veuves et des orphelins
    Paris suinte la misère
    Les heureux même sont tremblants
    La mode est au conseil de guerre
    Et les pavés sont tout sanglants

    REFRAIN
    Oui mais ça branle dans le manche
    Les mauvais jours finiront
    Et gare à la revanche
    Quand tous les pauvres s’y mettront (bis)

     


    Les journaux de l'ex-prefécture,
    Les flibustiers, les gens tarés,
    Les parvenus par l'aventure,
    Les complaisants, les décorés,
    Gens de bourse et de coin de rue,
    Amants de filles au rebut,
    Grouillent comme un tas de verrues
    Sur les cadavres des vaincus

    REFRAIN

    On traque on enchaîne on fusille
    Tous ceux qu’on ramasse au hasard
    La mère à côté de sa fille
    L’enfant dans les bras du vieillard
    Les châtiments du drapeau rouge
    Sont remplacés par la terreur
    De tous les chenapans de bouges
    Valets de rois et d’empereurs

    REFRAIN

    Nous voilà rendus aux jésuites
    Aux Mac Mahon aux Dupanloup
    Il va pleuvoir des eaux bénites
    Les troncs vont faire un argent fou
    Dès demain en réjouissance
    Et Saint Eustache et l’Opéra
    Vont se refaire concurrence
    Et le bagne se peuplera

    REFRAIN

    Demain les Manon les Lorette
    Et les dames des beaux faubourgs
    Porteront sur leur collerette
    Des chassepots et des tambours
    On mettra tout au tricolore
    Les plats du jour et les rubans
    Pendant que le héros Pandore
    Fera fusiller nos enfants

    REFRAIN

    Demain les gens de la police
    Refleuriront sur le trottoir
    Fiers de leurs états de service
    Et le pistolet en sautoir
    Sans pain sans travail et sans arme
    Nous allons être gouvernés
    Par des mouchards et des gendarmes
    Des sabre-peuples et des curés

    REFRAIN

    Le peuple au collier de misère
    Sera-t-il donc toujours rivé
    Jusques à quand les gens de guerre
    Tiendront-ils le haut du pavé
    Jusques à quand la Sainte Clique
    Nous croira-t-elle un vil bétail
    A quand enfin la République
    De la justice et du travail

    REFRAIN

     

     


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