• Le dictionnaire horrifié de la souffrance animale

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    13 février 2011 Ecologithèque / Christophe Léon

    Entretien avec

    Alexandrine Civard-Racinais

    Le dictionnaire horrifié de la souffrance animale

     « L’enfer n’existe pas pour les animaux, ils y sont déjà… »
    Cette sentence de Victor Hugo ne s’est malheureusement pas démentie en un siècle.

    Un milliard d’animaux sont tués en France chaque année. Que ce soit pour nous nourrir ou pour des expériences scientifiques, la condition de ces bêtes est bien souvent bafouée… Castration, pointage des dents ou encore débecquage sont des « mutilations de routine » que recense Alexandrine Civard-Racinais dans son abécédaire du « Dictionnaire horrifié de la souffrance animale » (Editions Fayard).  Le but de cet ouvrage ? Informer les lecteurs pour en finir avec le concept cartésien de « l’animal-machine »… A écouter ci-dessous et à lire un peu plus loin.. en bas.

     17 janvier 2011 entretien avec   :

     

     

     

     Note de l'éditeur :

    De la poule de batterie assignée à résidence sur la surface d’une feuille A4 au sacrifice des animaux de laboratoire, en passant par la fouille manuelle des truies pendant leur mise bas, Alexandrine Civard-Racinais propose une recension de la plupart des violences infligées aux bêtes à poil, à plumes et à écailles pour les besoins de notre alimentation, de notre confort ou de nos loisirs.
    Loin d’être anecdotiques, les situations parfois ubuesques présentées ici sont le reflet des choix de notre société. Ce Dictionnaire horrifié se soucie donc, aussi, de nourrir une réflexion citoyenne. Ceux qui souhaitent se comporter en consommateurs informés sauront désormais à quoi s’en tenir. Ceux qui aiment à se cacher derrière leur petit doigt continueront à feindre d’ignorer que la cruauté à l’égard des animaux peut nous accoutumer à la cruauté envers les hommes.


    Journaliste pendant quinze ans pour la presse magazine, Alexandrine Civard-Racinais a notamment publié De Vingt Mille Lieues sous les mers à SeaOrbiter (avec Jacques Rougerie, Democratic Books, 2010) et coordonné chez Fayard plusieurs volumes de la collection « Aux origines de… ».

     Le Dictionnaire horrifié de la souffrance animale d’Alexandrine Civard-Racinais, paru aux éditions Fayard, recense de A à Z, comme le doit un dictionnaire, les cruautés, violences, brutalités et autres atrocités commises par l’animal humain sur l’animal non-humain. 

    Un assortiment peu ragoûtant de ce que nous  sommes capables de « prescrire » à ceux que nous appelons des "bêtes" et, qu’ à l’instar de Descartes, nous considérons trop souvent comme des machines à notre service.
    L’animal non-humain — qu’on le mange, l’exploite ou encore qu’on expérimente sur lui (à des fins aussi nécessaires que la cosmétique par exemple) — est à notre merci.

     « Pour dire les choses simplement, non seulement les animaux ne sont pas toujours considérés comme des êtres sensibles, mais leurs douleurs et/ou souffrances sont encore trop souvent niées. » Et ce déni, comme le remarque Thierry Auffret Van Der Kemp, a lieu « à chaque fois que la prise en compte de l’existence même de la souffrance contrarie nos intérêts. »


    Tout comme notre rapport à l’environnement, celui que nous entretenons avec l’animal non-humain est en réalité un choix de société.
    La question : sommes-nous prêts à tout pour profiter des animaux, équivaut dans un autre domaine à : sommes-nous prêts à sacrifier la biodiversité, les écosystèmes et ainsi notre unique Planète pour un profit immédiat ?
    Gandhi assurait qu’on appréciait une société à la manière dont elle traitait ses animaux. Visiblement la nôtre les traite aussi mal qu’elle traite la Nature au sens large.

    Alexandrine Civard-Racinais, dans son Dictionnaire horrifié de la souffrance animale évite le péril relatif au genre. Ni voyeurisme, ni langue de bois, ni anthropomorphisme, simplement des faits et des pratiques qui devraient rendre chacun de nous consternés, pour ne pas dire honteux.
    Personne après une telle lecture ne pourra plus dire « je ne savais pas ». Peut-être certains regarderont-ils différemment le morceau de viande de bœuf, de vache, de veau, de poulets, de foie gras ou encore l’œuf qu’ils ont dans leur assiette. Il ne s’agit pas de culpabiliser, mais de faire réfléchir. Acceptons-nous de telles pratiques ? Que pouvons-nous faire pour ne pas y participer par nos modes de vie et de consommations ? Avons-nous le droit d’instrumentaliser les animaux non-humains ?
    C’est à dessein que je ne donne pas ici d’exemples d’entrées du Dictionnaire horrifié de la souffrance animale. Chacun pourra se faire sa propre idée. De « A4 » à « Zoophilie » le degré d’horreur qu’on peut ressentir dépend de chacun d’entre nous.

    Un grand nombre des ces tortures infligées aux animaux non-humains est le résultat de l’industrialisation et du productivisme — les bêtes ne sont plus des êtres conscients et doués d’une sensibilité, elles sont des objets, des choses qu’on utilise et jette quand elles ne nous servent plus.
    Le Dictionnaire horrifié de la souffrance animale est un livre dérangeant parce qu’il dénonce des faits dont nous sommes responsables par nos choix de société, de consommation et de comportements. L’auteur n’évolue pas dans le domaine de la sensiblerie mais davantage dans celui du lanceur d’alerte.
    Le Dictionnaire horrifié de la souffrance animale peut s’avérer d’un effroi salutaire pour tous les animaux — eux et nous.

    Dictionnaire horrifié de la souffrance animale, de Alexandrine Civard-Racinais, éd. Fayard

    Pour en savoir plus :
    - http://www.editions-fayard.fr

    Voir en ligne : http://www.ecologitheque.com


     

     


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