• Le Grand Métingue du Métropolitain

    Paroles: Maurice Mac Nab
    Musique: Camille Baron

    "Employé des Postes dans la journée, chansonnier le soir et notamment à Montmartre, figure notoire du Club des Hydropathes de Goudeau, Maurice Mac Nab (1856-1889) a mis en scène, (peu avant de mourir de tuberculose), l’ouvrier parisien grande gueule, anar ou socialo, porté sur la chopine et le coup de poing.

    Le réactionnaire flegmatique qu’était Mac Nab joue à l’évidence ici sur la distorsion entre la rhétorique ronflante des orateurs socialistes et le parler populaire présenté de façon « naturaliste ».

    Les chansonniers de gauche ne lui en ont pas voulu, et Clovis Hugues lui consacrera même une étude posthume élogieuse… Paradoxalement, cette caricature, destinée à faire sourire le bourgeois, a été reprise dans les milieux socialistes populaires, et, sur le rythme entraînant d’une musique de Camille Baron, ces couplets ont retenti dans bien des assemblées socialistes de la Belle Époque… "(René Merle)

     

     

     

    1. C'était hier, samedi, jour de paye,
    Et le soleil se levait sur nos fronts
    J'avais déjà vidé plus d'un' bouteille,
    Si bien qu' j'm'avais jamais trouvé si rond
    V'là la bourgeois' qui rappliqu' devant l' zingue:
    "Feignant, qu'ell' dit, t'as donc lâché l' turbin?"
    "Oui, que j' réponds, car je vais au métingue,
    Au grand métingu' du métropolitain!"

     2. Les citoyens, dans un élan sublime,
    Etaient venus guidés par la raison
    A la porte, on donnait vingt-cinq centimes
    Pour soutenir les grèves de Vierzon
    Bref à part quatr' municipaux qui chlinguent
    Et trois sergents déguisés en pékins,
    J'ai jamais vu de plus chouette métingue,
    Que le métingu' du métropolitain!

    3. Y avait Basly, le mineur indomptable,
    Camélinat, l'orgueille du pays
    Ils sont grimpés tous deux sur une table,
    Pour mettre la question sur le tapis
    Mais, tout à coup, on entend du bastringue;
    C'est un mouchard qui veut fair' le malin!
    Il est venu pour troubler le métingue,
    Le grand métingu' du métropolitain!

    4. Moi j' tomb' dessus, et pendant qu'il proteste,
    D'un grand coup d' poing, j'y renfonc' son chapeau.
    Il déguerpit sans demander son reste,
    En faisant signe aux quatr' municipaux
    A la faveur de c'que j'étais brind'zingue
    On m'a conduit jusqu'au poste voisin
    Et c'est comm' ça qu'a fini le métingue,
    Le grand métingu' du métropolitain!

    Morale:

    Peuple français, la Bastille est détruite,
    Et y a z'encor des cachots pour tes fils!..
    Souviens-toi des géants de quarante-huite
    Qu'étaient plus grands qu' ceuss' d'au jour d'aujourd'hui
    Car c'est toujours l' pauvre ouverrier qui trinque,
    Mêm' qu'on le fourre au violon pour un rien,
    C'était tout d' même un bien chouette métingue,
    Que le métingu' du métropolitain!


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