• Le temps des cerises

    Le Temps des cerises est une chanson écrite en 1866 par Jean Baptiste Clément et la musique composée par Antoine Renard en 1868. Cette chanson est fortement associée à la Commune de Paris de 1871, l'auteur étant lui-même un communard ayant combattu pendant la Semaine sanglante. Le Temps des cerises fut dédiée par l'auteur à une infirmière morte lors de la Semaine sanglante (20 au 27 mai 1871), longtemps après la rédaction de la chanson.

     

    Tombeau de J.-B. Clément

     

     

    Le texte suffisamment imprécis « plaie ouverte », un « souvenir que je garde au cœur », de « cerises d'amour […] tombant […] en gouttes de sang » : ces mots peuvent aussi bien évoquer une révolution qui a échoué qu'un amour perdu. On est facilement tenté de voir là une métaphore poétique parlant d'une révolution en évitant de l'évoquer directement, les cerises représentant les impacts de balles; balles auxquelles il est fait aussi allusion sous l'image des « belles » qu'il vaut mieux éviter. La coïncidence chronologique fait aussi que la Semaine sanglante fin mai 1871 se déroule justement durant la saison, le temps des cerises. Mais le simple examen de la date de composition (1866) montre qu'il s'agit d'une extrapolation postérieure. Il s'agit en fait d'une chanson évoquant simplement le printemps, et l'amour (particulièrement un chagrin d'amour, évoqué dans la dernière strophe). Les cerises renvoient aussi au sucre et à l'été, et donc à un contexte joyeux voire festif. Ainsi la chanson véhicule à la fois une certaine nostalgie et une certaine idée de gaîté.

     Version la plus connue :

    Quand nous en serons au temps des cerises
    Et gai rossignol et merle moqueur
    Seront tous en fête.
    Les belles auront la folie en tête
    Et les amoureux du soleil au cœur.
    Quand nous chanterons le temps des cerises
    Sifflera bien mieux le merle moqueur.

    Mais il est bien court le temps des cerises
    Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
    Des pendants d'oreilles.
    Cerises d'amour aux robes pareilles
    Tombant sous la feuille en gouttes de sang.
    Mais il est bien court le temps des cerises
    Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.

    Quand vous en serez au temps des cerises
    Si vous avez peur des chagrins d'amour
    Évitez les belles.
    Moi qui ne crains pas les peines cruelles
    Je ne vivrai point sans souffrir un jour.
    Quand vous en serez au temps des cerises
    Vous aurez aussi des peines d'amour.

    J'aimerai toujours le temps des cerises
    C'est de ce temps-là que je garde au cœur
    Une plaie ouverte.
    Et Dame Fortune, en m'étant offerte
    Ne pourra jamais fermer ma douleur.
    J'aimerai toujours le temps des cerises
    Et le souvenir que je garde au cœur.

     


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