• Loi Littoral. Les géographes de Bretagne prennent sa défense

    Loi Littoral. Les géographes de Bretagne prennent sa défense

    LOI LITTORAL

     12 mai 2011

     Les Géographes de Bretagne viennent au secours de la loi Littoral remise en cause par un nombre croissant d'élus. Une loi qui, assurent-ils, n'empêche en rien l'aménagement des territoires.

    Loi Littoral. Les géographes de Bretagne prennent sa défens

    «La loi Littoral est une insupportable entrave au développement des communes». Ces propos du maire de Guidel (56) ont heurté l'association des géographes de Bretagne qui s'inscrit totalement en faux contre ce genre d'affirmation. Une association qui constate que, depuis deux ou trois ans, cette loi fameuse et emblématique est de plus en plus contestée par certains élus. Elle relève, par exemple, la position de Michel Grall, le député de Carnac (56), qui veut «repeigner la loi», ou celle de l'association des maires du Finistère, qui a récemment souligné «l'absurdité à laquelle la rigueur et la vigilance des services de l'État dans l'application de cette loi peuvent conduire».

    Absence de vision globale

    Pour l'association des géographes, ces critiques sont dangereuses. Elle rappelle que cette loi est «avant tout un outil original et exceptionnel qui contribue aujourd'hui, et demain pour les générations à venir, à préserver l'héritage naturel du littoral breton». Pour Yves Lebahy, le président des Géographes de Bretagne, ces remises en cause traduisent surtout «une absence de vision globale des élus en matière d'aménagement du littoral». En clair, ce serait parce qu'ils n'ont pas de "vision globale" que leurs projets seraient refusés. «Seuls les projets ponctuels se heurtent à la dureté de la loi. Tout cela souligne la défaillance de certains élus», explique le géographe. Or, pour l'association, une telle vision est de plus en plus nécessaire. Elle passe par la définition d'un projet de vie cohérent qui assure la cohabitation de toutes les activités primaires, pêche, agriculture et aquaculture.

    L'exemple de Groix

    Pour Yves Lebahy, la loi Littoral n'est pas, dans ce cas-là, un frein au développement mais au contraire, un allié. Il en veut pour preuve l'exemple de l'île de Groix(56)qui, «malgré des contraintes terribles», a obtenu de très beaux résultats. Des terres ont été retirées à l'urbanisation au bénéfice de l'agriculture et dans le même temps, des hameaux ont été confortés. «La loi Littoral qui pouvait apparaître comme une contrainte a été intégrée dans la logique de développement». D'autres exemples encourageants existent, comme à Paimpol (22), où «le pari d'une symbiose des activités plutôt que leur opposition a été fait». «On voit quand même des choses se mettre en place», se réjouit YvesLebahy. Et plutôt que de stigmatiser les mauvais élèves, l'association a décidé de récompenser avec son prix Orange 2011 tous ceux qui, s'appuyant sur la loi Littoral, oeuvrent à la préservation du littoral breton.

    • Yvon Corre

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