• Paul Virilio : penser la vitesse

    Paul Virilio : penser la vitesse  20 janvier 2009

    Documentaire

    Réalisateur : Stephane Paoli
    Producteurs : La Generale de Production, ARTE FRANCE

    L’auteur de L’insécurité du territoire et de Cybermonde, "la politique du pire" nous donne des clefs indispensables pour décoder un monde qui ne cesse de se complexifier.

    En une heure trente, ce film passe notre époque au gril de la pensée de Paul Virilio, l’un des esprits contemporains les plus lucides et les plus tranchants sur les conséquences politiques liées aux révolutions technologiques. 

    Exemples à l’appui (la tragédie du 11-Septembre, l’ouragan Katrina...), l’auteur de L’insécurité du territoire et de Cybermonde, la politique du pire démontre avec conviction que tous les champs ou presque de l’activité humaine sont désormais placés sous le régime quasi dictatorial de la vitesse. De grands experts comme Jeremy Rifkin, Walter Bender, Muhammad Yunus, Hubert Védrine, Jacques Attali, ou encore le dessinateur Enki Bilal et l’architecte Jean Nouvel, étayent ou contredisent son discours. Accessible sur le fond, surprenant dans la forme, ce film prend le temps de réfléchir à notre environnement et au sens des choses. Un exercice salutaire quand les repères se dérobent.

     

    Paul Virilio : penser la vitesse

     

    20/01/2009 à 10h27

    Avec Paul Virilio, prenons le temps de penser à la vitesse

    Sophie Caillat | Journaliste

    Paul Virilio serait-il devenu à la mode ? C’est beaucoup dire. Mais sa théorie selon laquelle le progrès technique nous mène à notre perte, développée depuis des décennies par ce philosophe et urbaniste assez méconnu, rencontre un écho tout particulier avec l’actualité de la crise financière mondialisée. N’est-il pas temps de ralentir ? , nous interroge cette Thema d’Arte.

    Les flux incontrôlés de la finance ont mis en péril nos économies bien réelles, l’ouragan Katrina a mis à genoux une frange du pays le plus riche... et à chaque instant, un virus informatique peut paralyser un Etat, voire la planète entière.

    Si nous avons finalement échappé au bug de l’an 2000, personne ne peut prédire à quoi nous mène l’accélération de tous les flux. « Le progrès, c’est merveilleux, sa propagande, c’est inquiétant », martèle le philosophe de 76 ans, à l’œil très vif et malicieux.

    « Penser la vitesse », le film de Stéphane Paoli, diffusé ce mardi sur Arte, replace la pensée de Virilio dans le temps long de l’histoire, qui semble s’accélérer. « Alors qu’il continue à s’écouler à la même vitesse qu’avant », s’amuse d’ailleurs un physicien.

    Le journaliste de France Inter est allé interroger de grands noms de la planète, de Muhammad Yunus le prix Nobel de la paix à l’essayiste américain Jeremy Rifkin en passant par des militaires, un conservateur du Louvre, des scientifiques, des éditorialistes de grands journaux américains, ou des analystes des médias… On croise aussi des figures françaises telles qu’Enki Bilal, autre grand amateur de blockhaus, son confère architecte Jean Nouvel ou l’économiste Patrick Artus.

    Chacun dans son champ de compétence est invité à nous dire si le progrès technique est allé si loin qu’il mette en danger l’humanité même. Et tous se montrent moins rassurants que les discours convenus qu’on a l’habitude d’entendre. Depuis la bombe atomique, l’homme a inventé les moyens de sa destruction massive. Le problème est que ceux qui la détiennent ne sont pas forcément sous contrôle.

    Lentes et stylisées, des images d’archives, par exemple du 11 septembre 2001, nous rappellent que notre civilisation risque à tout moment le chaos, et cela en direct sur les télévisions du monde entier.

    Ce 20 janvier, « le jour de son investiture, Obama, pour des raisons de sécurité, se verra supprimer son téléphone cellulaire », s’amuse Stéphane Paoli. Preuve que la technologie est un danger ou clin d’oeil anecdotique ? Qui peut le dire ?


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