• "Se reposer ou être libre"

    "Se reposer ou être libre"

     Le philosophe Cornelius Castoriadis.

     

    " On disait de lui qu’il était un « veilleur, éveilleur de la pensée ». Un dissident essentiel qui n’a jamais sombré dans le renoncement esthète, encore moins dans le cynisme qui veut que « tout se vaut, tout est vu, tout est vain ». Au contraire, dans cet entretien réalisé le 25 novembre 1996, Cornélius Castoriadis dénonce avec force cette élite politique réduite à appliquer l’intégrisme néolibéral. Il souligne aussi la responsabilité du « citoyen » que la précarité désengage de l’activité civique.

    « Je suis un révolutionnaire favorable à des changements radicaux, disait-il quelques semaines avant sa mort. Je ne pense pas que l’on puisse faire marcher d’une manière libre, égalitaire et juste le système français capitaliste tel qu’il est. » Criant de vérité.

     A propos de la télé et de la démocratie, Cornelius Castoriadis  ajoute :

    "La démocratie est difficile parce que liberté, et la  liberté est difficile parce que démocratie, oui, absolument. Parce que c'est très facile de se laisser aller, l'homme est un animal paresseux, on l'a dit. Là encore je reviens à mes ancêtres, il y a une phrase merveilleuse de Thucydide : il faut choisir, se reposer ou être libre. Je crois que c'est Périclès qui dit ça aux Athéniens : si vous voulez être libres, il faut travailler. Vous ne pouvez pas vous reposer. Vous ne pouvez pas vous asseoir devant la télé. Vous n'êtes pas libres quand vous êtes devant la télé. Vous croyez être libres en zappant comme un imbécile, vous n'êtes pas libres, c'est une fausse liberté. Ce n'est pas seulement l'âne de Buridan qui choisit entre deux tas de foin. La liberté, c'est l'activité. Et la liberté, c'est une activité qui en même temps s'autolimite, c'est-à-dire sait qu'elle peut tout faire mais qu'elle ne doit pas tout faire. C'est ça le grand problème, pour moi, de la démocratie et de l'individualisme."

     Dimanche soir, vers 17h sur Fance Culture, un autre philosophe, Bernard Stiegler s'interrogeait sur la fragilité de notre démocratie, du danger de la télé et du neuromarketing.

    "Se reposer ou être libre" 

    C'est en prison que Bernard Stiegler est devenu philosophe. Il y a passé 5 ans pour avoir braqué des banques. Il avait 26 ans... A présent il en a 60. Il a publié 25 livres, parmi lesquels :"De la misère symbolique","La télécratie contre la démocratie" ou " Réenchanter le monde"... Aujourd'hui sort aux éditions FYP "confiance, croyance, crédit dans les mondes  industriels" c'est un livre collectif et dans quelques semaines, un nouvel essai;"Pharmacologie du Front national" chez Flammarion.

     


    Tags Tags : , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter