• Top 10 du sexisme en politique

    Top 10 du sexisme en politique

    Matt Dillon dans "Mary à tout prix"

    Le député UMP Philippe Le Ray sera privé d’un quart de son indemnité parlementaire pour avoir imité le caquètement d’une poule pendant l’intervention de la députée EE-LV Véronique Massonneau à l’Assemblée nationale mardi 8 octobre. Ce n’est pas la première fois, loin de là, que le sexisme sévit en politique. Démonstration en dix exemples.

    - L’incident dit du “caquètement de la poule” ou #poulegate

    Mardi 8 octobre, Véronique Massonneau, députée EE-LV de la Vienne, est interrompue, en pleine Assemblée nationale, dans sa prise de parole contre la loi sur les retraites par des caquètements et autres gloussements provenant des bancs de l’UMP, où se trouve le député du Morbihan Philippe Le Ray. “Arrêtez enfin, je ne suis pas une poule“, lance-t-elle, agacée. Le président de l’Assemblée Claude Bartolone prend le relais : “Je veux bien que les uns et les autres aient des idées à défendre mais que l’on se transforme en cour de récréation : non! (…) Que quelques parlementaires essayent de se transformer en oiseaux quand un parlementaire s’exprime ce n’est pas acceptable.” Mercredi matin, les députées de gauche boycottent l’ouverture de séance de l’Assemblée nationale par solidarité envers Véronique Massonneau. En début d’après-midi, elles se rassemblent dans la Salle des Quatre colonnes avant d’entrer ensemble dans l’hémicycle. Les députés UMP, eux, dénoncent dans un communiqué “l’instrumentalisation politicienne de la cause des femmes“. Bilan : la conférence des président de l’Assemblée a décidé à l’unanimité de priver Philippe Le Ray d’un quart de son indemnité parlementaire pendant un mois. Interrogée au micro de RTL sur l’incident, Véronique Massonneau a raconté avoir reçu un appel de Philippe Le Ray qui lui présentait ses excuses : “Je lui ai dit qu’il s’excusait mais que c’était un peu tard, une fois que le buzz était fait et que les médias s’étaient penchés sur le cas, c’était trop facile. (…) D’ailleurs, disait-il, il aime beaucoup les femmes parce que lui-même avait des collaboratrices femmes. Donc vous voyez comme il a bien compris l’affaire.”

     

     

    - L’incident dit de “la robe à fleurs” 

    En juillet 2012, lors d’une séance de questions au gouvernement, Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, prend la parole pour répondre au député-maire de Neuilly Jean-Christophe Fromentin (UDI) sur l’avenir du Grand Paris. Mais, comme elle descend les marches pour gagner le micro, un brouhaha s’élève de l’hémicycle et quelques quolibets fusent. La ministre ne se laisse pas déstabiliser et commence par un “Mesdames et messieurs les députés, mais surtout messieurs visiblement…”  Interrogé sur l’incident par le Figaro, Patrick Balkany s’enfonce en avançant : “Tout le monde était étonné de la voir en robe. Elle a manifestement changé de look, et si elle ne veut pas qu’on s’y intéresse, elle peut ne pas changer de look. D’ailleurs, peut-être avait-elle mis cette robe pour ne pas qu’on écoute ce qu’elle avait à dire.” Quelques mois plus tôt, une autre de ses tenues – un jean – était moqué par une partie de la droite, et notamment Nadine Morano qui l’avait qualifiée de “dilettante de week-end“.

     

    - L’incident dit du “Iron My Shirt”

    En 2008, lors d’un discours d’Hillary Clinton dans le cadre d’un rallye électoral pour la présidentielle, un participant hurle “Iron my shirt” (“repasse ma chemise”) en brandissant une pancarte barrée du même slogan. Clinton s’interrompt et lâche sous un tonnerre d’applaudissements : “Oh, le sexisme vivant ! (…) Je concours aussi pour briser le plus haut et le plus dur plafond de verre.” En 2007, Rush Limbaugh, animateur américain très conservateur, avait déclaré, alors qu’une photo peu flatteuse d’Hillary Clinton était sortie dans la presse en pleine campagne présidentielle : “les Américains voudront-ils voir une femme vieillir sous leurs yeux au jour le jour ?

     
     

    - L’incident dit du “mais qui va garder les enfants?” 

    A l’image d’Hillary Clinton aux Etats-Unis, Ségolène Royal a été la cible d’un paquet de remarques sexistes lors de sa campagne pour les présidentielles. Après avoir déclaré en 2005 qu’elle pourrait poser sa candidature pour les élections, Jean-Luc Mélenchon avait estimé que “la présidence de la République n’est pas un concours de beauté” tandis que Laurent Fabius, lui, s’était demandé : “qui va garder les enfants ?“, une allusion au fait que François Hollande, alors encore marié à Royal, était également un possible candidat.

    - Les nombreux incidents “Gillard” 

    L’ancienne Premier ministre australienne Julia Gillard s’est pris un paquet de remarques sexistes tout au long de son mandat. La plupart visait sa décision de ne pas avoir d’enfant. En 2007, le sénateur Bill Heffernan estimait que “quiconque a choisi de rester stérile n’a aucune idée de ce qu’est la vie”. En 2012, Mark Latham, ancien dirigeant du parti travailliste, déclarait qu’“avoir des enfants est la grande expérience de l’amour de toute vie. Et par définition, vous n’avez pas autant d’amour dans votre vie si vous faites ce choix particulier [de ne pas avoir d'enfant - ndlr]. (…) J’ai eu quelques expériences où, avec de petits enfants, elle restait de marbre et je pense que les deux sont liés”. En juin dernier, une photo circulait sur les réseaux sociaux montrant le menu distribué lors d’une collecte de fonds organisée par les libéraux en mars. Le plat “caille (quail) marocaine” était décrit comme “une Julia Gillard Kentucky fried quail [jeu de mot avec le plat Kentucky Fried Chicken]- petite poitrine, grosses cuisses, une grosse salade à la carotte maroccaine et du yaourt au sumac“.

    D’où le fait qu’en septembre 2012, Julia Gillard ait prononcé un discours de quinze minutes contre la misogynie. L’objectif premier était de répondre à Tony Abbott, leader de l’opposition, qui lui avait reproché d’avoir fait elle-même preuve de sexisme en soutenant Peter Slipper, président homosexuel de la Chambre des représentants accusé d’avoir fait une remarque sexiste dans un texto à un collaborateur qu’il harcelait sexuellement. Ce à quoi Gillard a répondu : “Je ne laisserai pas cet homme me donner des leçons sur le sexisme et la misogynie, non. Ni maintenant, ni jamais“, avant de l’accuser à son tour de sexisme, preuves à l’appui. Dans une interview, Tony Abbott aurait dit : “Si c’est vrai que les hommes ont plus de pouvoir, en général, que les femmes, est-ce une mauvaise chose ?” et “Et si les hommes étaient, de part leur physiologie et leur tempérament, plus adaptés à exercer l’autorité et à commander?”

     

     

    *- L’indicent dit du “stylo”

    En juin dernier, Hugues Foucault, maire de Bretagne (dans l’Indre et non en Bretagne…), tweete : “NJB suce son stylo très érotiquement #QAG #DirectAN”. NJB pour Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes. Foucault récidive en postant : “Amusant comme la gauchosphère se fâche”. Mais face au tollé général, il finit par s’excuser platement, toujours sur Twitter : “Je présente mes plus vives excuses à Mme @najatvb ainsi qu’à tous ceux que j’ai choqués par mon tweet d’une infamie et d’une horreur totale”.

    - L’incident dit “Bindis”

    En 2009, Silvio Berlusconi (pas réputé pour être un fervent défenseur de l’égalité homme-femme…) balance à Rosy Bindis, présidente du Parti démocrate, alors qu’ils sont tous deux invités d’une émission live, qu’elle est “plus belle qu’intelligente“. La remarque vise à se moquer et de son physique et de son intelligence. Une pétition intitulée “Les femmes offensées par le Premier ministre” est immédiatement lancée et récolte environ 100 000 signatures. Ce n’est pas la première fois que Berlusconi s’en prend à Bindis : à son ex-femme qui critiquait son idée de présenter des actrices et mannequins aux élections européennes, il avait répondu : “Qu’y a-t-il de mal si elles sont jolies ? On  ne peut pas présenter que des Rosy Bindis”.

    - L’incident dit du “calm down, dear” 

    “Calm down, dear” (“calmez-vous, très chère”). C’est la petite phrase que balance David Cameron avec un air goguenard en 2011 à l’attention d’une élue, Angela Eagle, qui s’opposait à lui lors d’une séance de questions au Premier ministre. Le camp travailliste demande immédiatement au Premier ministre britannique de s’excuser, ce qu’il refuse de faire. La controverse est lancée : pour certains, la phrase est clairement “condescendante” et sexiste, pour d’autres, elle n’est qu’une boutade en référence à une célèbre campagne de pub anglaise pour une compagnie d’assurance dans laquelle le réalisateur et critique gastronomique Michael Winner répète “calm down, dear”.

     

     

     

    - L’incident dit de “la plus belle procureure générale” 

    En mai dernier, lors d’une collecte de fonds en Californie, le pourtant irréprochable Barack Obama suscite l’indignation en commentant le physique de Kamala Harris : “Elle est brillante, dévouée et dure. Il se trouve qu’elle est aussi, de loin la plus belle procureure générale. Allez c’est vrai!” L’affaire se termine avec un coup de fil d’excuses.

    - L’incident dit des “couches” 

    Cette fois, c’est une femme qui met les deux pieds dans le plat du sexisme. En juillet 2013, Valérie Pécresse, députée UMP des Yvelines, explique au Journal des Femmes pourquoi elle s’oppose à la proposition de la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem d’inciter le deuxième parent à prendre des congés parentaux à la naissance d’un enfant. Elle explique : “Je suis favorable à ce que l’on encourage les pères à prendre des congés parentaux. Mais il faut réfléchir sur la période qui serait idéale pour l’ouverture du congé parental aux pères. Je suis persuadée qu’ils seraient beaucoup plus attirés par les congés parentaux s’ils pouvaient les prendre à un autre moment et pas dans les trois premières années de l’enfant. Par exemple, pour s’occuper d’enfants malades, en décrochage scolaire ou en crise d’adolescence.” Et d’enfoncer le clou : “Si on veut rééquilibrer les responsabilités des pères et des mères dans l’éducation il faut certes inciter les pères à prendre un congé mais ils le prendront d’autant plus volontiers avec un enfant un peu plus âgé, et cela sera socialement mieux vécu par les entreprises de voir les pères s’impliquer dans des problèmes un peu plus compliqués.” Les réactions s’enchaînent sur Twitter. Cécile Duflot poste: ”Donc une femme @vpecresse rabaisse les femmes (et les hommes) qui changent des couches et dit qu’il y a des pbs plus compliqués #dégoutée”.

      par Carole Boine

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