• Une soif inextinguible de démocratie

    "La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures."
    Noam Chomsky

     Lorsque des voix s'élèvent pour dénoncer les risques environnementaux, l'homme politique rassure en créant une commission "sécurité". Des personnes dénoncent la privatisation de l'espace public ? L'élu(e) se réfère aux finances publiques de la collectivité. Et pour convaincre le peuple de la nécessité de faire appel au privé, l'argent public est versé à des agences de communication, des gestionnaires de conflits. Aux interrogations des habitants concernant l'aménagement du territoire, les communicants n'hésitent pas à édulcorer la réalité pour calmer ce peuple en colère. Pour poursuivre la gentrification (l'embourgeoisement) des centres villes, les élu(e)s s'entourent d'experts qui siègent dans des institutions absconses dévoreuses de subventions publiques. Mais les techniques de communication ne sont pas toujours efficaces.  Des collectifs se créent malgré tout, en dehors des partis politiques pour éviter toute récupération partisane, et aussi pour rassembler le plus grand nombre de personnes sur une lutte précise.

     

    C'est une particularité de notre époque qui se distingue fortement des années 70 où les militants s'engageaient dans un parti ou s'inscrivaient dans une mouvance politique pour se reconnaître dans une lutte particulière. Le nombre de collectifs n'a cessé de croître depuis une dizaine d'années. Petit aperçu des collectifs (parfois inactifs !) en Bretagne et ailleurs.

    Démocratie locale, lutte locale et Luttes antinucléaires / TBC... dans Kokerike (kokerike)

     

     L"émission "Terre à terre" donne la parole aux collectifs en lutte.

    La démocratie représentative ne correspond plus à la société actuelle. Méfiants vis à vis des partis politiques traditionnels, les citoyens veulent également de plus en plus s'investir dans la vie communautaire. Mais que dire de la démocratie participative ?

    La démocratie participative contre la démocratie  :

    Comment on fait de la ville l’affaire des hommes (ou des femmes) d’affaires : une bonne affaire où faire des affaires


    La « démocratie participative » est désormais officiellement promue comme une avancée dans le droit octroyé aux citoyens de prendre réellement les affaires de la Cité en main. Mais ce qui est promu ainsi rencontre des limites qui pourraient se résumer en deux mots : détournement et inachèvement.
    Dans bon nombre de cas, l’expression populaire a été instrumentalisée, voire domestiquée par les municipalités. La plupart des conférences, assemblées et autres réunions « citoyennes », pour ne rien dire des conseils de quartiers ou des « budgets participatifs », sont organisées de telle sorte que les participants soient conduits à donner des avis « constructifs », acceptant les termes de la question posée, collaborant, au même titre que les « experts » chargés de la formuler, à la production de l’étiquette « acceptabilité », un nouveau label de qualité pour les « projets innovants ». Cette manipulation a été d’autant plus aisée que les « dispositifs » induisant la bonne volonté et la soumission – penser dans le cadre institutionnel et conceptuel où l’on vous dit de penser – sont beaucoup plus faciles à mettre en place, pour les « autorités » ou les « responsables », et surtout moins risqués, que ceux qui permettraient de poser les questions qui gênent.

    [...]

    Comme le relève le sociologue Mathieu Rigouste, elle revient à faire sous-traiter le contrôle de « la population », celle qui appartient aux couches les plus dominées et exploitées, par « la population elle-même », de préférence « éduquée », pour ne pas dire formatée : ces citoyens au-dessus de tout soupçon de complicité avec l’ordre établi que seraient les « militants » associatifs censés représenter les aspirations émancipatrices d’une « société civile » dont on oublie de signaler qu’elle est bourgeoise. En réalité, sous couvert d’œuvrer au « changement social », ils ne militent, consciemment ou non, que pour assurer la continuité de cette société en renouvelant les modalités de la domination.

    Alain Accardo Blog Agone

     

     Enquêtes publiques ou propagande, les moyens ne manquent pas pour faire croire à la majorité de la population les bienfaits d'une politique menée. Aux colères des habitants concernés par un projet, nos élus rétorquent qu'il ne s'agit que d'un manque de pédagogie. Non seulement la population continue de lutter mais parfois des élus se joignent aux manifestants, luttant à leurs côtés contre des décisions prises "d'en haut". L'exemple le plus flagrant est celui des élus de la pointe du raz : "pour la première fois, une résistance de cinq ans, marquée par les affrontements de six semaines d’enquête publique, a fait reculer le colosse EDF et le lobby nucléaire."

    Des élus, des habitants, des militants bretons et d'autres régions, créent des CLIN (comités locaux d'information sur le nucléaire) un peu partout en Bretagne pour lutter contre l'installation de cette "centrale baladeuse" (Lannion, Ploumoguer, Erdeven puis Plogoff sont pressenties). Près de 25 ans plus tard un livre, "Plogoff, un combat pour demain" retrace les étapes essentielles de cette lutte. Il nous mène à la Pointe du Raz mais il s’inscrit également, de Malville au Larzac, dans le contexte des luttes menées en France dans les années 1970/1980. A lire sur le site S-EAU-S, l'excellent dossier consacré à la lutte anti-nucléaire. Nous y trouvons également une impressionnante iconographie traitant de la lutte anti-nucléaire à Plogoff et ailleurs.

    Une soif inextinguible de démocratie

     

    Il y a 30 ans la lutte anti-nucléaire

     

     

    La lutte paie encore ! Aéroport : "Le fantôme de Mirabel" (Québec)


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